| Spécificité de ce massage |
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| Créer un rituel
: Au fil de l'année scolaire, ces dix minutes de massage quotidien
deviennent un petit rituel dont les enfants ont besoin d'une part, pour
mieux se recentrer et d'autre part, parce que les enfants ont besoin de
structure pour mieux se calmer. C'est ainsi que les séances débutent toujours
au même moment dans la journée et de la même façon. Après la récréation
du temps de midi, je m'installe sur le tapis et attend, sans mot dire que
les enfants se préparent physiquement. Ils me rejoignent au compte-gouttes
dès qu'ils ont assouvi leurs besoins immédiats, (passer aux toilettes, se
laver les mains, boire, se moucher…) En attendant que le groupe se retrouve
au complet, ceux qui ont quelque chose à dire le disent à voix basse. Se recentrer : Lorsque le groupe est au complet, je donne cette consigne pour aider les enfants à se concentrer : " Imaginez-vous être dans une bulle (image de la bulle de savon) et ne vous souciez plus de ce qui se passe autour de vous ". Si le massage se déroule deux par deux : " imaginez-vous être à deux dans une même bulle. Dans cette bulle on se parle mais à voix basse pour ne pas déranger les autres ". Pour lancer la séance je donne alors un accord de guitare ou un petit coup de gond. Je propose d'écouter le son de la guitare ou du gond, qui est très fort au début, qui s'estompe tout doucement, et puis le silence qui s'installe. Je leur laisse le temps d'accueillir ce silence.. Ils aiment ce moment, et sont là, à me regarder comme s'ils attendaient quelque chose de magique qui allait se produire. Eh oui, pour moi, c'est à chaque fois un instant magique, ce calme se prolonge spontanément jusqu'à la fin de la séance. Etre à l'écoute de l'autre : Dans la séance deux par deux j'insiste pour que les enfants se parlent. Il y a d'abord la demande " es-tu prêt ? Je peux te masser ? " et le " merci " (en se regardant) en fin de séance. Et puis, j'insiste pour que l'enfant qui " reçoit " le massage ose dire ce qui lui plait "là, j'aime bien, frotte encore un peu ! " ou ce qui ne plait pas : " tu tapes trop fort ! Celui qui " donne " le massage adapte ses mouvements en fonction de la demande. Il peut aussi s'assurer qu'il agit bien : " C'est bon pour toi ? " Place de l'adulte : J'ai toujours participé au massage au même titre que les enfants. Les jours où il se pratiquait deux par deux je donnais un massage à un enfant, qui me le rendait à son tour. De même pour les visiteurs de passage en classe: puéricultrice, inspectrice, parents prêts à nous conduire au musée, au théâtre…après la séance, participaient activement au massage avec nous. Cette activité étant basée sous le signe du respect, il en découle une qualité de relation " vraie ". Je pense pouvoir dire que les rapports entre les enfants et moi ont changé radicalement après l'introduction du massage en classe. Une complicité mêlée d'un très grand respect a vu le jour. Il me semble que ce contact du massage entraîne outre le respect : confiance et honnêteté. Spontanément, les enfants " importent " cette technique de relaxation chez eux, en famille, massant le petit frère, la grande sœur , papa ou maman. Les parents se disent émus. Ils font confiance et s'abandonnent à ces petites mains expertes qui massent la nuque, le haut du dos…et apportent la détente. L'espace de quelques instants, les rôles s'inversent. Il est bon je pense, que les parents prennent conscience qu'à leur manière, les enfants même très jeunes, peuvent apporter un peu de bien-être à leurs aînés. |